Le coût réel du salaire pour la holding
Un salaire brut de 8 000 € par mois génère environ 6 400 € de charges patronales pour la société (hors allègements Fillon qui ne s’appliquent pas à ce niveau). Le coût total pour la holding est donc de l’ordre de 14 400 € par mois pour 8 000 € brut versé. Après imposition du salarié (TMI 41 %), le net disponible est d’environ 4 700 €. Le ratio coût/net est de 3 pour 1.
En contrepartie, ce salaire génère des droits à retraite, des droits à l’assurance maladie, à l’assurance chômage (si le dirigeant est salarié non majoritaire) et à la prévoyance. Ces droits ont une valeur actuarielle réelle, souvent sous-estimée par les fondateurs qui raisonnent en net immédiat sans valoriser la protection différée.
Le coût réel des dividendes
Un dividende de 100 000 € distribué par une filiale à la holding, puis par la holding au fondateur, supporte : 5 % de quote-part de frais et charges à l’IS lors de la remontée à la holding (régime mère-fille), puis la flat tax de 30 % sur la distribution au fondateur. Le coût fiscal total sur le flux est d’environ 32 à 33 %. Pas de charges sociales, mais pas de droits sociaux non plus.
Les dividendes ne sont fiscalement optimaux que si la flat tax (30 %) est inférieure au TMI du fondateur net de cotisations. Pour un fondateur avec peu d’autres revenus ou dont la société bénéficie de revenus d’IP Box déjà taxés à 10 %, les dividendes sont souvent plus efficaces au-delà d’un certain seuil. En dessous de ce seuil, le salaire finance une protection sociale qui vaut son coût.
La combinaison optimale selon les phases du groupe
En phase d’amorçage (pertes ou faibles bénéfices), le salaire est mécaniquement limité par la capacité bénéficiaire des filiales. Payer un salaire trop élevé creuse les pertes et retarde l’éligibilité au régime mère-fille. Un salaire modeste (2 à 3 SMIC) qui ouvre les droits sociaux minimaux, complété par des avances en compte courant remboursées progressivement, est souvent la solution de début.
En phase de croissance (IS positif stable), la stratégie optimale combine un salaire qui maximise les droits sociaux sans atteindre le TMI de 45 %, et des dividendes à la flat tax pour le solde. L’arbitrage précis dépend du patrimoine total du fondateur, de son âge et de ses projets d’investissement personnels. Un expert-comptable spécialisé en rémunération de dirigeant produit une simulation annuelle qui vaut largement ses honoraires.
Questions fréquentes
Les dividendes versés par la holding sont-ils soumis aux cotisations TNS ?
Si le fondateur est gérant majoritaire d’une SARL, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant est soumise aux cotisations TNS. Pour une SAS, cette règle ne s’applique pas : les dividendes sont toujours à la flat tax, sans cotisations sociales supplémentaires.
Comment éviter la double imposition sur les dividendes ?
La double imposition est limitée par le régime mère-fille (95 % d’exonération lors de la remontée à la holding) et par la flat tax (30 %) lors de la distribution au fondateur. Il n’y a pas de cumul IS filiale + IS holding + IR fondateur : le régime mère-fille supprime l’IS au niveau de la holding sur 95 % du dividende reçu.